Soraya Rivière-Dijoux obtient le premier prix du Mérite Professionnel

26/10/2026

L’AFPAR et le Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon s’associent pour la première édition du Prix du Mérite professionnel. Organisé le mardi 22 septembre 2026 au Centre professionnel de l’océan Indien, à Saint-Pierre, l’événement distingue cinq stagiaires de l’AFPAR pour la qualité de leur parcours, leur persévérance et leur engagement dans leur formation. Le premier prix a été décerné à Soraya Dijoux en formation Mécanicien Réparateur de Motocycles.

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Un partenariat au service de la formation et de l’insertion professionnelles

Avec le Prix du Mérite professionnel, l’AFPAR et le Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon ont souhaité mettre en lumière des adultes engagés dans un parcours de formation, parfois au terme d’une reconversion ou après avoir surmonté des difficultés personnelles et professionnelles.

Ce partenariat repose sur une ambition commune : reconnaître le travail accompli par les stagiaires et rappeler que la formation professionnelle constitue un puissant levier d’insertion, d’évolution et de reprise de confiance.

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L’AFPAR apporte à cette initiative son expertise pédagogique et sa connaissance des parcours de chaque candidat. Le Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon contribue au financement des prix et mobilise son réseau d’entreprises et d’acteurs économiques. Ensemble, les deux partenaires entendent rapprocher davantage la formation professionnelle du monde de l’entreprise et valoriser les compétences dont La Réunion a besoin.

« Le Rotary a toujours accordé une place essentielle à la valeur travail, à l’éthique professionnelle, à la transmission des compétences et à la reconnaissance de celles et ceux qui s’engagent avec sérieux dans leur parcours professionnel. Le prix du mérite professionnel s’inscrit pleinement dans cette démarche ». Jacky Ajorque, Président du Rotary Saint-Pierre Tampon

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Une sélection fondée sur l’ensemble du parcours

Ouvert aux stagiaires adultes proches de la fin de leur formation à l’AFPAR, le Prix du Mérite professionnel distingue des candidats issus de différents secteurs d’activité. Le jury ne s’est pas limité aux seuls résultats obtenus en formation. Il a également examiné l’assiduité, le comportement professionnel, la motivation, la progression accomplie et la solidité du projet professionnel de chaque candidat.

Après une présélection conduite par les équipes de l’AFPAR, les candidats retenus ont présenté leur parcours et leur projet devant un jury final réunissant des représentants de

l’AFPAR et du Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon.

Cinq prix ont été attribués lors de la cérémonie organisée au :

  • Premier prix : Prix Excellence: DIJOUX Soraya - Section Mécanicien Réparateur de Motocycles
  • Deuxième prix : Prix Performance: CLAIN Jean Alexandre - Section MA – Mécanicien automobile
  • Troisième prix : Prix Exigence: DORSEUIL Marine - Section CIP – Conseiller en insertion professionnelle
  • Mention Spéciale: RAKOTONIRINA Sitraka - Section TAVEA - Technicien d'après-vente en électroménager et audiovisuel
  • Mention Spéciale: LORION Richard - Section MFBD – Menuisier de fabrication bois et dérivés

Une initiative appelée à s’inscrire dans la durée

Au-delà de la remise des récompenses, l’AFPAR et le Rotary Club Saint-Pierre–Le Tampon souhaitent faire de ce prix un rendez-vous pérenne. L’objectif est de valoriser chaque année des parcours exemplaires, d’encourager les stagiaires et de renforcer les liens entre les organismes de formation et les acteurs économiques réunionnais. 

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Frédéric Dijoux, Directeur général de l'AFPAR

« Dans une société où l’on parle souvent de résultats, il est également nécessaire de reconnaitre le chemin parcouru. Reconnaitre l’effort, la volonté et le mérite ». Frédéric Dijoux, directeur général de l’AFPAR 

Cette première édition porte également un message adressé à tous les adultes qui hésitent encore à s’engager dans une formation : une reconversion ou un retour à l’emploi peut commencer par la reconnaissance de ses capacités et la possibilité de les développer.

 

Portrait de la Lauréate

 

Soraya Rivière Dijoux, mécanicienne moto : « Il ne faut pas attendre qu’on nous donne notre place »

 

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Soraya Rivière-Dijoux lauréate du premier prix du mérite professionnel

À 31 ans, Soraya Rivière Dijoux a choisi de reprendre sa trajectoire en main. Après plusieurs années consacrées à sa famille, cette ancienne comptable a quitté l’univers des chiffres pour celui des moteurs. Une reconversion menée avec détermination, qui l’a conduite jusqu’à l’AFPAR — et lui vaut aujourd’hui de gagner le premier Prix du Mérite professionnel. 

 

Il aura suffi d’un permis moto pour remettre toute une vie en mouvement.  

La moto, Soraya Rivière Dijoux en rêvait depuis l’enfance. Mais pendant longtemps, ce rêve était resté là, quelque part entre les obligations du quotidien et les projets que l’on remet à plus tard. Jusqu’au jour où, à 30 ans, elle décide enfin de passer son permis. Ce qui aurait pu n’être qu’un plaisir personnel agit comme un révélateur : Soraya ne veut plus seulement conduire une moto. Elle veut comprendre ce qui la fait avancer, apprendre à la réparer et faire de la mécanique son métier.  

Le virage peut sembler radical. À l’origine, la jeune femme, installée à Saint-Philippe et mère de deux enfants, a suivi des études de comptabilité et de finance d’entreprise. Après son baccalauréat, elle travaille quelques années dans ce domaine, avant d’interrompre sa carrière à la naissance de sa fille.  

Huit années passent ainsi. Huit années au cours desquelles Soraya se consacre à sa famille, mais qui font aussi mûrir une réflexion plus profonde sur ce qu’elle veut faire de sa propre vie. Lorsqu’elle obtient son permis moto, une évidence finit par s’imposer : il est temps de changer de voie.  

Avant de s’engager dans une formation, elle veut pourtant vérifier que son enthousiasme résistera à la réalité d’un atelier. Elle démarche alors elle-même un garage de Saint-Pierre et obtient un premier stage en mécanique moto. Une initiative simple, directe et plutôt culottée, à son image. L’expérience confirme son intuition : c’est bien là qu’elle veut aller.  

En mars, Soraya intègre donc l’AFPAR pour apprendre un métier dont elle ne connaissait encore presque rien quelques mois auparavant. Elle y arrive avec une ambition très précise : acquérir les compétences nécessaires pour travailler dans la mécanique moto et, à terme, créer sa propre entreprise.  

Reprendre une formation à 31 ans suppose cependant d’accepter une chose que Soraya résume très justement : « Recommencer à zéro, c’est aussi apprendre à apprendre différemment. » Il faut retrouver les réflexes de l’apprentissage, accepter de ne pas savoir, chercher ce qui bloque lorsque le geste ne vient pas et recommencer jusqu’à ce qu’il devienne naturel.  

À cela s’ajoute l’entrée dans un univers encore très largement masculin. Soraya ne cherche ni à dramatiser ni à minimiser la réalité : pour trouver sa place et asseoir sa légitimité, elle a eu le sentiment de devoir davantage faire ses preuves. Elle en a tiré une conviction très nette : une place ne s’attend pas, elle se prend. 

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« Il ne faut pas attendre qu’on nous la donne », affirme-t-elle. Non comme un mot d’ordre théorique, mais comme le constat très concret d’une femme qui a décidé de ne plus laisser les habitudes sociales choisir à sa place.  

Cette détermination explique sans doute sa sélection parmi les cinq candidats au Prix du Mérite professionnel. Une reconnaissance à laquelle elle ne s’attendait pas. Soraya pensait apprendre un métier ; elle découvre que son parcours, lui aussi, peut être remarqué et donner de l’élan à d’autres.  

Son moteur le plus puissant reste pourtant ailleurs. « Ma grande force, ce sont mes enfants. Ce sont eux qui me donnent envie de rêver grand, de viser haut et d’aller toujours au-delà de mes limites. » Pas question, pour elle, de présenter la mécanique comme un simple refuge ou une revanche. Elle y voit plutôt la possibilité de construire, de transmettre et de montrer que l’on peut redessiner sa trajectoire, même après plusieurs années loin du monde professionnel.  

Aux jeunes filles attirées par un métier réputé masculin mais qui hésiteraient encore à franchir le pas, Soraya adresse un conseil sans détour : oser. Parce qu’en s’aventurant là où elles ne sont pas attendues, elles découvrent souvent des forces qu’elles ignoraient posséder. Et parce que la société ne changera pas seulement avec de beaux discours sur la mixité, mais aussi lorsque des femmes pousseront la porte des ateliers, saisiront les outils et prendront, tout simplement, la place qu’elles ont choisie. « Pousser les portes de l’Afpar a changé ma vie » conclut Soraya